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Médias & Entrepreneuriat

Le succès journalistique se mesure-t-il aux clics, aux "like" ou aux scoops ?

22 Juin 2013 , Rédigé par Valérie Bauer-Eubriet Publié dans #LES COULISSES DES MEDIAS

Le succès journalistique se mesure-t-il aux clics, aux "like" ou aux scoops ?

Oriella PR Network, groupement de 20 agences de communication réparties, publie la 6ème édition de son étude sur le journalisme numérique. 553 journalistes de 15 pays ont été interrogés, notamment en France, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Chine, en Russie... Cette enquête nous apprend notamment :

  • que les journalistes français ont la fibre blogueuse,
  • que c'est la révolution du côté de leurs sources d'information,
  • que les attachées de presse feraient sans doute bien de songer à leur reconversion,
  • que le succès journalistique ne se mesure pas au nombre de scoops publiés.

Pour la 1ere fois dans cette enquête, les auteurs ont demandé aux journalistes comment le succès de leur travail pouvait se mesurer. Réponse : pour 50% d'entre eux, leur performance se mesure au nombre de visiteurs uniques. C'est encore plus vrai au Canada (86%) et aux États-Unis (68%).

La France fait figure de cas à part. L'étude note que "c'est le seul pays qui s'attache à un engagement plus poussé des lecteurs": 77% des journalistes français interrogés considèrent en effet que leur performance est évaluée en fonction de l'évolution de leur nombre de followers et 74% en fonction du nombre de "like" ou tweets qu'ils génèrent.

Plus de la moitié des journalistes tweetent (59% contre 47% l'an dernier), les français faisant partie de ceux qui tweetent le plus.

Visuel Oriella

Visuel Oriella

Près d'un tiers des journalistes ont leur propre blog. Là encore, les français font figure de bons élèves puisqu'ils sont dans le Top 3 des journalistes qui bloguent le plus.

51% utilisent les réseaux sociaux pour trouver des idées de sujet ou compléter un article sur lequel ils travaillent... Mais ils en ont une utilisation sélective et privilégient de loin les infos postées par des personnes qu'ils connaissent et en qui ils ont confiance.

Ils préfèrent tout de même l'information obtenue directement auprès de professionnels.

Parmi les différents formats d'information des médias on-line, les enquêtes des 3 dernières années montrent que ce sont les vidéos faites qui augment le plus rapidement. En 2013, 49% des journalistes interrogés indiquent que leur média produit des vidéos (en augmentation de 30% par rapport à 2011). Le business du media-training a donc de beaux jours devant lui !

Visuel Oriella

Visuel Oriella

Mais c'est du côté des sources que les journalistes font leur révolution. En tête des sources qu'ils jugent les plus fiables : les universitaires et les experts, qui ont plus que jamais une carte à jouer. Les autres journalistes arrivent en 3ème position, les analystes en 4ème, puis viennent les dirigeants d'entreprise, les ONG...

Les professionnels des RP et du marketing, qui sont sensés être les interlocuteurs privilégiés des médias, arrivent... avant derniers !!! ça craint du boudin comme dirait ma voisine de bureau, Nathalie ;-( L'étude montre également que les journalistes prennent progressivement leur distance vis-à-vis des infos préformatées des communiqués de presse qui arrivent en 4ème position lorsqu'on leur demande où ils ont le réflexe d'aller chercher en 1er l'info lorsqu'ils sont en quête d'un sujet. Dans l'enquête de 2011, les communiqués étaient en tête lorsqu'on leur posaient cette même question ;-(

Visuel Oriella

Visuel Oriella

Alors quoi, les attachés de presse n'ont plus qu'à rentrer chez eux/elles ? Non, heureusement. Enfin, à condition de bien prendre la mesure de ces mutations.

Reprenons :

  • les journalistes boudent les pros des RP et leurs communiqués,
  • ils sont de plus en plus accros aux experts et aux réseaux sociaux...

L'étude d'Oriella en déduit qu'il y a là une véritable opportunité pour les professionnels des RP . Selon les auteurs, les communicants devraient concentrer leurs efforts pour accompagner et aider leur entreprise et ses experts à développer leur présence, leurs contenus, sa mise en forme et les interactions sur les réseaux sociaux...

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