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Médias & Entrepreneuriat

Le CHURNALISM, journalisme low cost

27 Mai 2013 , Rédigé par Valérie Bauer-Eubriet Publié dans #LES COULISSES DES MEDIAS

Le CHURNALISM, journalisme low cost

Une étude publiée en 2008 par des chercheurs anglais révèle que près de la moitié des infos relayées dans les médias proviennent des communiqués de presse, dont 18 % sont des quasi copier/coller. Et encore ! Ces résultats sont en dessous de la réalité car elle ne prend en compte qu'un certain nombre de communiqués qu'ils ont pu identifier. Elle n'intègre donc pas les autres formes de communication (lire l'article de l'Idies à ce sujet).

Une autre enquête, réalisée par Ballester et datée « de quelques années » nous dit le magazine Stratégies du 11/04/2012 (comprendre : tellement vieille qu'ils n'osent même pas donner la date), évoque quant à elle le chiffre de 70 % des contenus « produits » par les médias grands publics qui leur seraient plus ou moins soufflés par les agences de RP -en dehors de l'actu-.

Les anglais ont inventé un mot pour désigner cette nouvelle forme hybride de journalisme très inspiré par les communiqués : le « churnalism » du verbe « churn out » (à vos souhaits) qui signifie « produire en série / pondre / débiter ». Monsieur Wikipedia attribue la création du mot à un journaliste : Waseem Zakir de la BBC, en 2008, et le définit comme étant « une forme de journalisme dans lequel les communiqués de presse, les dépêches d'agences et les autres formes de matériaux pré-packagées sont utilisés pour créer des articles dans les médias (…) sans que l'information ne soit vérifiée, contrôlée » et améliorée pourrait-on ajouter. Les dépêches d'agence sont donc également concernées.

Les anglais ont créé un site internet permettant de faire la chasse au copier/coller : churnalism.com. Il suffit de saisir le texte de l'article qu'on souhaite vérifier pour que le verdict tombe !

Le « churnalism » a de beaux jours devant lui. Il y a même des sites internet entièrement bâtis sur ce modèle. C'est qu'il fait gagner du temps aux journalistes... qui en manquent cruellement. Et ça ne va pas en s’arrangeant. Merci la crise de la presse, les effectifs en baisse, la course à l'instantané :-( 68% des journalistes estiment ainsi devoir travailler plus vite qu’auparavant et 73% considèrent que leur charge de travail a augmenté ces dernières années (enquête Technologia 2010). Et encore, les frenchy ne sont pas les plus mal lotis puisqu'une enquête récente publiée par Yetis indique que 23 % des journalistes français doivent écrire plus de 4 articles par jour contre... 46 % pour les allemands ou les anglais par exemple ! En Angleterre, ils sont même 26 % à devoir pondre plus de 7 papiers par jour !!! Ce n'est donc pas un hasard si c'est les anglais qui ont inventé le mot et le site...

Et en France, comment pourrait-on appeler le "churnalism" ? Des idées ???

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