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Médias & Entrepreneuriat

Ces remarques dont les attachés de presse se passeraient bien

21 Juin 2014 , Rédigé par Valérie Bauer-Eubriet Publié dans #LES PROS DE LA COM

Ces remarques dont les attachés de presse se passeraient bien

Aaah, les RP, quel dur métier !

D'abord, peu de monde sait en quoi consiste notre métier. En agence, ça va à peu près puisque nos clients/interlocuteurs savent pourquoi ils font appel à nous. En début de collaboration, on leur ré-explique précisément ("le JT de Laurent Delahouse dans une semaine, ça va pas être possible Monsieur le client"). Au cas où... Mais quand on est attaché(e) de presse en entreprise (= chez l'annonceur)...

M-I-S-E-R-E !!!! Les gens ne savent pas (ou pas bien, dans le meilleur des cas) à quoi on sert.

Malgré tous les efforts déployés à expliquer tous les jours (voui, tous les jours* :-( ce qu'on fait et quel en est l'intérêt (voui, il y en a, voir ici), notre métier reste encore relativement obscur pour un certain nombre de nos collègues. Quant au fonctionnement des médias, n'en parlons pas :-( (Non, il ne suffit pas d'envoyer un communiqué et d'appeler le journaliste pour avoir un article et non, notre actu n'est pas RE-VO-LU-TIO-NNAIIIIIIIRE).

Résultat : on a souvent droit à des remarques un peu maladroites (voire désobligeantes).

Morceaux choisis de ce qu'on entend très très souvent :

Le journaliste voulait que je lui parle de l'évolution du secteur mais je lui ai surtout parlé de la nouvelle version de notre site internet.

Et si vous commandiez une robe longue, rouge, taille 38 sur Vente Privée.com et qu'on vous envoyait à la place une robe courte, verte, taille 34. Vous apprécieriez ? Et vous commanderiez à nouveau sur ce site ? Pareil avec le journaliste !

Si vous ne répondez pas à sa demande, à son angle, vous risquez de ne pas être cité. Pire, vous serez cataloguez comme un mauvais client qui répond à côté de la plaque et fait donc perdre du temps au journaliste. Et le journaliste déteste perdre du temps, car il en manque justement. Il risque donc :

  1. de perdre patience et de vous couper,
  2. de ne pas vous couper mais de ne pas vous écouter non plus puisque ce n'est pas la sujet qui l'intéresse (et in fine : de ne pas vous citer dans l'article),
  3. de se passer de vos services à l'avenir.

A noter cependant : si les 2 sujets ont un lien avéré et que c'est bien ce journaliste qui couvre les 2, vous pouvez effectivement aborder les 2. Une petite parenthèse sur un autre sujet peut lui donner des idées pour plus tard. Petite on a dit ! Parenthèse, pas encadré !!! En sachant déceler les signes d'impatience du journaliste pour revenir au sujet principal assez rapidement.

Très moyen cet article.

L'interviewé a vite fait de dire que le journaliste n'a pas valorisé ses propos à leur juste valeur. Mais peut-être est-ce lui qui n'a pas été à la hauteur...

Dans tous les cas, il faut avoir en tête que le journaliste n'est pas là pour valoriser qui que ce soit mais pour donner une information intéressante à ses lecteurs. Et il est a priori le mieux placé pour savoir ce qui les intéresse. Comprendre : l'information que vous jugez la plus intéressante n'est pas nécéssairement celle que le journaliste jugera la plus intéressante pour ses lecteurs. Et c'est de toutes façons lui qui aura le dernier mot.

Le journaliste n'a rien compris.

Il n'est pas spécialiste du sujet, ou pas autant que vous. C'est pour ça qu'il vous contacte. Lui avez-vous bien expliqué ? L'avez-vous laissé poser ses questions ? Certains interviewés ont tendance à monopoliser la parole et transformer les entretiens en monologue...

Le témoignage plein de sagesse de Guy de Plas, co-fondateur des Colis du Boucher :

"Parfois, on peut avoir des déconvenues. Il m'est arrivé de lire des approximations, des mauvaises interprétations. ça n'est pas forcément la faute du journaliste. Peut-être aussi de la nôtre, ça prouve que le message n'a pas été clair." ("Médiatiser sa boîte", ed. Ellipses).

Ceci dit, toutes les rédactions ne se valent pas et il y a aussi des journalistes qui ont eu leur carte de presse dans un Kinder Surprise.

Je lis le journal donc je sais comment ça marche.

Moi je regarde Top Chef, mais je ne suis pas un cordon bleu pour autant !

Lire de temps en temps le journal ne fait pas de vous un expert des médias. C'est un bon point, certes, mais ça ne vous dispense pas d'écouter les conseils de professionnels expérimentés.

Voilà pour ce petit florilège des remarques qui agacent et qu'on entend en boucle. Mais il y en a tellement d'autres...

PS : Toute ressemblance avec des événements qui se seraient réellement passés n'est pas fortuite.

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* Voui, on est souvent obligé de faire de la pédagogie tous les jours. En agence, l'attaché(e) de presse a affaire à une dizaine de clients (= nombre d'interlocuteurs limité) alors qu'en entreprise, il peut y avoir autant d'interlocuteurs que de salariés... c'est-à-dire beaucoup de gens à qui il faut expliquer comment ça marche.

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